
. Une adaptation qui évite le « m’as-tu-vu » et reste au service des personnages. Le scénario écarte ce qui aurait pu tourner au ridicule à l’écran, comme (surtout) Gavroche chantant « C’est la faute à Voltaire ». Très bien vu de l’avoir laissé dans le roman…
. Une photographie solaire, presque inattendue. Ici, la misère est bien pénible au soleil, sous une lumière chaude, loin du gris et de la pluie traditionnellement associés aux Misérables. Une approche aux antipodes du film de Robert Hossein, en 1982, sombre et fan de la gadoue. Ce parti pris visuel change et fait mouche.
. Benjamin Lavernhe et Camille Cottin dominent le film, tandis que Noémie Merlant surprend dans un registre différent.
. Quelques audaces de mise en scène bienvenues. Elles modernisent le récit, sans jamais le trahir. Une porte d’entrée idéale pour les plus jeunes et peut-être la meilleure raison de ressortir le roman après la séance.
. Une maîtrise de bout en bout. Un film propre, solide et paradoxalement rafraîchissant pour une œuvre adaptée tant de fois.
. Un vrai film de divertissement, populaire au meilleur sens du terme, qui rappelle qu’adapter les grandes œuvres françaises produit du cinéma. Ces Misérables donnent envie de voir d’autres célèbres romans retrouver le grand écran, avec la même ambition. Alors, si le succès est au rendez-vous, ce « Monte-Cristo Universe » pour grandir. On préfère largement cet univers aux comédies interchangeables et aux drames clonés qui encombrent les écrans.
. La comparaison avec Monte-Cristo est inévitable et ne joue pas en faveur des Misérables. Il manque la magie qui nous emportait.
. Une interprétation en dents de scie. Certains comédiens sonnent justes, avant de déraper parfois. La direction d’acteurs semble inégale. Tahar Rahim et Vincent Lindon, en particulier, sont étonnamment sous-exploités.
. Monte-Cristo avait misé sur une bande originale omniprésente et mémorable. Celle des Misérables propose bien des thèmes prenants, mais les laisse souvent en arrière-plan. Dommage, elle aurait donné au film une ampleur épique. Si le spectateur associe le film à un thème, c’est gagné. Et ce thème apparaît trop tard.
. Des répliques manichéennes ajoutées au roman. Les riches sont méchants, les pauvres sont gentils : une opposition plaquée avec une lourdeur contemporaine qui frôle le tract politique.
. Deux scènes involontairement comiques. L’arrivée de Lindon au café, en fin de film, mais surtout la scène de la taverne : lorsque la lumière divine caresse littéralement le visage de Cosette, on croirait à l’arrivée de Gandalf ou Jésus. Dans le roman, la scène est plus simple, Jean Valjean la rencontre dehors et l’aide à porter un seau d’eau…![]()
« Tout le monde a un passé, quand on n’en a pas, c’est qu’on le cache… »![]()
Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean change de vie et fait le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert, un policier implacable au passé lui aussi tourmenté, le traque sans relâche afin de le renvoyer au bagne…
« Les Misérables » de Fred Cavayé, avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe…
Sortie le 14 octobre 2026.
Durée :
Image Copyright Christophe BRACHET – 2026 Curiosa Films Eskwad Studiocanal TF1 Films production.
