Abou Leila

Abou Leila

Abou Leila



. Le plan-séquence d’ouverture en pleine ville, étendu et clinique, qui nous fait transpirer avant même les premières scènes de désert…
. Une odyssée abstraite dans l’arrière-pays algérien, un western psychologique qui excite la sensibilité des méninges.
. La noblesse des paysages désertiques algériens, entre dunes aux reflets d’ambre et parenthèses de verdures, d’habitations mutiques. Ou pas?
. Même au fond du désert, le film mène en bateau. Qui croire? Le scénario déroule une persécution mentale, à l’image de celle que subissent les deux protagonistes. Précision: on ne parle pas de bêtes mirages rencontrés en plein désert. C’est plus savant! Pas un énième long-métrage contemplatif et stéréotypé sur le désert, ce dernier tenant son rôle majeur surtout dans l’épilogue.
. La photographie évite les clichés et les oppositions arbitraires, ses nuances retranscrivent une beauté… menaçante.
. Le surcadrage récurrent qui nourrit les sensations d’oppression et d’opposition.
. Qui est Abou Leila? Une espèce de Keyser Söze algérien? La question est un fil narratif diablement efficace.
. Le duo d’acteurs charismatiques. Leur alchimie fonctionne pour le bien du film et pour le pire de leur destin.
. Le film pose une question majeure, selon le réalisateur: « Si on extirpe la violence de son contexte original , continue-t-elle de s’exprimer ou pas? » Même au bout du monde, au bout du vide, un homme belliqueux le reste-t-il?
. Plusieurs scènes frappantes, comme celle de la portière, du « repas à quatre pattes » dans le désert (pour ne pas spoiler), ou toutes les explosions de l’irréel dans le réel.
. Un éclairage sur les séquelles psychiques des années noires en Algérie. Le film donne envie d’en connaître davantage sur cette période.
. Le travail minutieux sur le son, entre silences affolements et crépitements fantomatiques. Tendez l’oreille pour les indices sonores.
. Si vous appréciez Gerry, Usual Uspects, Valley of love, Lynch ou encore La Quatrième dimension. Mais aussi, précise le réalisateur, les univers musicaux de « King Crimson, Pink Floyd, Sawn, Steven Wilson, Porcupine Tree… »
. Une première oeuvre d’une maîtrise implacable.



. A éviter si vous êtres en recherche d’un divertissement léger!

L’histoire
Algérie, 1994. S. et Lotfi, deux amis d’enfance, traversent le désert à la recherche d’Abou Leila, un dangereux criminel. La quête semble absurde dans l’immensité du Sahara. Mais S., dont la santé mentale est vacillante, est convaincu d’y trouver Abou Leila. Lotfi, lui, n’a qu’une idée en tête : éloigner S. de la capitale. C’est en s’enfonçant dans le désert qu’ils vont se confronter à leur propre violence.

Abou Leila d’Amin Sidi-Boumedine Avec Slimane Benouari, Lyes Salem, Meriem Medjkane…
Durée: 2h14
Sortie le 15 juillet 2020.

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